Thématique 3


L'emploi

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Je suis plus susceptible d’être jugée sur mon apparence que mes compétences. #parcequejesuisunefemme

D’ici trois ans, j’aurai changé de métier en raison de la discrimination. #parcequejesuisunefemme

Je dois porter des talons hauts si je désire conserver mon emploi. #parcequejesuisunefemme

Toute ma vie, on doutera de mon expertise en construction. #parcequejesuisunefemme


Bien que de nombreuses avancées aient été réalisées au cours des dernières années, le marché du travail présente encore de nombreux défis pour l’intégration des femmes.

L’actualité récente a ainsi mise en lumière la discrimination que vivent de nombreuses femmes québécoises et canadiennes dans leur milieu de travail. Pour certaines, il s’agit de l’imposition d’uniformes sexistes les obligeant à débourser davantage que leurs collègues masculins et à travailler de longues heures en talons hauts et jupes inconfortables, Pour d’autres, c’est plutôt les commentaires déplacés et harcelants qu’elles doivent essuyer chaque jour car elles pratiquent un métier traditionnellement masculin. On pense notamment aux métiers de la construction, à la mécanique automobile et au journalisme sportif.

On rapporte par ailleurs que 60 % des plaintes pour harcèlement au travail sont déposées par des femmes. Plus de 85 % des plaintes pour harcèlement sexuel sont déposées par des femmes. Selon David Langtry, président par intérim de la Commission canadienne des droits de la personne, les plaintes de harcèlement sexuel sont plus nombreuses dans les organisations hiérarchiques composées majoritairement d’hommes. Une répartition équitable du pouvoir au travail favoriserait l’inclusion des femmes et une culture de travail respectueuse.

Des écarts dès le parcours scolaire

L’écart entre les hommes et les femmes se manifeste dès le parcours scolaire de ces dernières. En effet, bien que les filles et les femmes sont de plus en plus nombreuses à fréquenter les établissements scolaires et que leur performance scolaire est élevée; au niveau collégial, 58,5 % des effectifs étudiants sont des filles; dans les universités québécoises, elles constituent 57,7 % des effectifs étudiants. 97,5 % des filles obtiennent un diplôme secondaire, 60,2 % obtiennent un diplôme collégial et plus de 40 % un baccalauréat, elles s’orientent fréquemment vers des programmes traditionnellement réservés à leur genre (santé, enseignement, services, lettres, soins, esthétisme). Ces programmes garantissent des salaires le plus souvent moins élevés et des conditions de travail plus précaires comparativement aux programmes traditionnellement réservés aux hommes (bâtiments et travaux publics, administration, commerce, informatique, électrotechnique, ingénierie, génie civil). Si les filles sont moins nombreuses que les garçons à décrocher, les impacts du décrochage scolaire sont plus importants chez ces dernières. Le taux d’activité des femmes sans diplôme d’études secondaires est de 12,1 % contre 30,9 % pour les hommes. 41,2 % des femmes qui n’ont pas terminé leurs études secondaires touchent un revenu annuel inférieur à 20 000 $ (alors qu’elles travaillent à temps plein) alors que 24,9 % des hommes sont dans la même situation.

Selon Hélène Lee-Gosselin, psychologue organisationnelle et professeure à l’Université Laval, les femmes s’orienteraient toujours vers des métiers qui leur sont réservés parce qu’elles vont vers ce qu’elles connaissent. Peu de femmes dans leur entourage s’orienteraient vers des métiers traditionnellement réservés aux hommes et peu de modèles connus publiquement pourraient les inspirer. Certaines pourraient aussi éliminer des métiers qui leur paraissent plus difficiles à concilier avec la vie de famille. N’oublions pas que la division sexuelle du travail contribue à reproduire continuellement les stéréotypes genrés liés aux professions et ralentit l’atteinte de la mixité dans les milieux professionnels. Les femmes qui s’orientent vers des métiers masculins s’opposent donc à l’image que la société leur attribue par le biais des stéréotypes genrés. Ces femmes doivent donc faire face à la pression sociale, aux nombreuses entraves qu’elles rencontreront pour ne pas avoir fait un choix « conventionnel » en plus de devoir s’adapter à un environnement qui leur est parfois réfractaire. Selon Marie Batt, chercheuse, si l’on examine le milieu familial des femmes exerçant des métiers masculins, elles sont en grande majorité nées dans un milieu où leur métier est déjà pratiqué par un membre de la famille, ou du moins très valorisé.

Les femmes et le marché du travail

Malgré le fait que les femmes poursuivent leurs études plus longtemps, elles ne récoltent toutefois pas les bénéfices espérés de cette scolarisation poussée. Peu importe leur niveau d’étude, les femmes touchent à leur entrée sur le marché du travail un salaire inférieur à celui des hommes. En 2013, les femmes gagnaient en moyenne 21,04 $ l’heure versus 23,95 $ l’heure pour les hommes. Les femmes ayant en poche un baccalauréat gagnent 88,4 % du salaire de leurs collègues masculins; à la maîtrise c’est 90 % et au doctorat 55 %!

L’inégalité salariale peut être expliquée par plusieurs facteurs. D’abord, les professions où les femmes sont majoritaires sont souvent moins bien rémunérées. Davantage de femmes dirigent des familles monoparentales (76 %) et doivent travailler à temps partiel pour concilier travail et famille. Également, les femmes négocieraient moins leurs conditions de travail et leur salaire au moment de l’embauche.

Le taux d’emploi des immigrantes de 15 ans et plus est passé de 50,0 % en 2001 à 51,5 % en 2006. Ce taux était tout de même inférieur à celui des femmes nées au Canada, qui a aussi légèrement augmenté, passant de 57,9 % à 59,5 %. Pour les nouvelles arrivantes ayant de la difficulté à trouver un emploi, le plus grand défi à relever était de faire accepter au Canada leurs compétences et leur expérience de travail non canadiennes.19 % des immigrantes de 25 à 44 ans arrivées en 2001 ont mentionné que les problèmes de langue étaient le principal obstacle qui les empêchait de trouver un emploi, comparativement à 13 % de leurs homologues de sexe masculin.

De façon générale, les immigrantes gagnaient moins que les femmes nées au Canada. Le revenu d’emploi médian des immigrantes du principal groupe d’âge actif qui avaient travaillé à temps plein toute l’année en 2005 était de 35 000 $, c’est-à-dire environ 3 000 $ de moins que celui des femmes nées au Canada (38 000 $). Pour les immigrantes récentes du même groupe d’âge, le revenu d’emploi médian pour un travail à temps plein toute l’année était de 26 700 $.

Comme c’était le cas pour les personnes nées au Canada, il existait parmi les immigrants un écart entre les revenus des femmes et des hommes. Les immigrantes gagnaient moins que leurs homologues de sexe masculin. Avec 35 000 $, les immigrantes du principal groupe d’âge actif touchaient 78 % du revenu d’emploi médian des hommes immigrants du même groupe d’âge (44 800 $).

Les femmes autochtones sont généralement moins susceptibles que celles non autochtones de faire partie de la main-d’œuvre rémunérée. Selon les données du Recensement de 2006, 51,1 % des femmes autochtones de 15 ans et plus avaient un emploi, par rapport à 57,7 % des femmes non autochtones. Les femmes autochtones (51,1 %) étaient également moins susceptibles que les hommes autochtones (56,5 %) d’occuper un emploi.



Conseil du statut de la femme

Portrait des Québécoises en 8 temps

Ce document dresse un portrait des femmes québécoises en 2016 et s’intéresse entre autres à la question du travail. «En 2015, l’emploi s’est accru pour les hommes (+1,4%), alors qu’il est demeuré plutôt stable pour les femmes (+0,3%).»

Portrait statistique: Égalité Femmes/Hommes

«Au Québec, les femmes sans diplôme, qui sont déjà moins nombreuses à occuper un emploi, travaillent aussi moins souvent à temps plein toute l’année.» C’est là l’une des informations qu’on apprend dans ce portrait statistique qui porte entre autres sur l’emploi et le travail aux pages 3 et 4.

Pour un partage équitable du congé parental

Le congé parental «a eu des effets positifs dans la vie des femmes et des jeunes familles. Il a permis aux mères de prendre des congés plus longs et mieux rémunérés sans risquer de perdre leur emploi, aux hommes d’accéder à des semaines de congé de paternité qui leur sont réservées, aux familles d’améliorer leur situation financière quand un des deux parents s’occupe à temps plein d’un nouveau-né. Il n’est pas possible d’affirmer que les congés parentaux ont fait diminuer l’inégal partage du travail domestique et des soins aux enfants.»


Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail

Qu’est-ce que l’équité salariale?

Cette page propose de l’information et des liens pertinents en lien avec le principe de l’équité salriale et la discrimination basée sur le genre.

«Le principe de l'équité salariale va plus loin que celui stipulant “un salaire égal pour un travail égal”, puisqu'il exige “un salaire égal pour un travail différent mais équivalent”.»


Fédération des femmes du Québec

20 ans de la Loi sur l’équité salariale

Cet article de la Fédération des femmes du Québec revient sur l’impact de l’adoption de la Loi sur l’équité salariale et les défis qu’il reste à surmonter dans son application. Elle remarque entre autres la différence entre les emplois syndiqués et non-syndiqués: « Assurer l’application de la Loi à l’égard des salariées non syndiquées pose un défi particulier. Celles-ci sont plus susceptibles d’être touchées par un plus grand écart salarial que les travailleuses syndiquées.»


La Presse

Nina Larson: «Égalité hommes-femmes au travail: il faudra attendre 2095», 2014.

«Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent rapidement en matière de santé et d'éducation, mais il faudra attendre... 2095 pour atteindre l'égalité sur le plan professionnel, selon un rapport publié mardi à Genève par le Forum économique mondial (WEF).»

Quelle femme de votre entourage vous a impressionné par sa détermination à combattre les préjugés et les obstacles auxquels elle s’est butée au cours de sa carrière?

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